[Motorsport Manager] Vis ma vie de Toto Wolff

Vous ne comprenez pas pourquoi Hülkenberg semble voué à ne piloter que des poubelles ? La gestion des pilotes McLaren en 2007 reste une blessure indélébile pour le supporter d’Alonso que vous êtes ? Le légendaire écrou récalcitrant de Williams est pour vous une chose inconcevable ? J’ai une excellente nouvelle pour vous : un remède à vos questions et névroses a été découvert. Il s’appelle Motorsport Manager.

 

EN QUELQUES MOTS

Dans la lignée (antique) des Grand Prix World ou F1 Manager, Motorsport Manager vous propose de prendre en main la destinée d’un team de Formule 1, de GP2, ou de GP3, dont vous gérerez l’activité au sens large. Les week-ends de course bien sûr, mais aussi les contrats des pilotes, des ingénieurs, des mécaniciens, sans oublier le sponsoring et le développement du cœur de l’entité : ses structures (usine, soufflerie, piste d’essai …). L’aventure commence par un tutoriel bien pensé (incontournable aux yeux de votre serviteur), mais qui pénalise un peu le résultat de votre première course. Dès que vous serez rôdé, il faudra vous en passer. Reste que maintenant vous avez les armes pour vous défendre.

Évacuons de suite un (faux) problème. Votre première approche sera peut-être teintée d’un regret : celui de ne pas retrouver les pilotes, équipes et circuits réels, SEGA ne disposant pas des licences officielles. Evidemment, la Scuderia Rossini vous fera plus penser à un tournedos qu’aux sports mécaniques mais ne restez surtout pas là dessus ! Le jeu en vaut la chandelle : facilement moddable, il dispose déjà – indiscutablement un gage de qualité – d’une communauté compétente et réactive qui propose tout ce qu’il faut (foncez donc sur RaceDepartment au lieu de râler). Comme naguère pour rFactor and co., la question des licences est donc un faux problème. Le jeu étant récent, le meilleur est même certainement à venir de ce côté là (pourquoi pas des mods vintage à terme ?).

 

DÉVELOPPER… ET SE DÉVELOPPER

Avant de courir, il faut se préparer. Le développement est géré via des arbres de connaissances propres à chaque composant, à la manière des jeux de stratégie type Civilization. Les améliorations successives ouvrent accès à d’autres, avec des caractéristiques de temps de conception, de fiabilité et de performance différents. De quoi satisfaire les impulsifs comme les cérébraux : les erreurs sont rattrapables, et la prise de tête peut être jouissive. Un aspect bien pensé et addictif, d’autant que vous pouvez choisir de flirter (ou non) avec les limites du règlement. Une fois un composant construit, l’usine est là pour exploiter son potentiel, et le fiabiliser. Conception et fabrication doivent donc être coordonnées, ce que l’IA omet parfois pour son propre compte (ce sera à corriger d’ailleurs pour tenir en haleine les hardcore gamers).

Pour faire tout cela, il faut de l’argent. Le volet sponsoring est plus anecdotique : trois propositions max par emplacement, si vous maîtrisez la règle de trois, vous devriez vous en sortir à votre avantage. A chaque course, vous choisirez également pour quel sponsor vous allez courir. Sécurité recommandée, car c’est tout ou rien si l’objectif n’est pas atteint. Faire appel à un pilote payant peut être aussi une solution pour les moins fortunés. Attention cependant : la valeur commerciale de l’équipe est conditionnée aussi par vos autres choix (pilotes notamment) ! Un plan global est donc à mettre en place. Petit bémol : la dotation championnat est un peu élevée (425M$) dans le jeu de base, et un peu faible (200M$) dans le mod d’Enzoli (le meilleur du moment pour moi) pour développer les structures. Mais passons.

 

SUR LA PISTE

Vient le moment d’entrer en piste. Les dernières pièces sont installées, la dotation en pneus est fixée et l’objectif sponsor sélectionné. Les essais libres vous permettent de mettre la machine à la main des pilotes. Ne les simulez surtout pas ! Le système de réglage est sous forme de trois curseurs avec une valeur à trouver. Les pilotes vous rendent compte à chaque retour aux stands (tip : un tour suffit), avec un smiley (sur le thème, « tu es froid, tu chauffes, tu brûles »). Pas forcément le moment le plus fun du week-end, mais probablement le plus important. Les qualifications le sont aussi, mais c’est davantage la question de la température des pneus et de la gestion du réservoir qui prime (je n’ai pas aimé du tout, d’ailleurs).

Après tout cela, vous avez bien mérité votre premier départ en Grand Prix. Les longs relais sont intéressants : vous aurez à gérer en permanence l’usure, la chauffe des pneus, et la consommation. Là, vous pouvez faire la différence. On peut déplorer d’ailleurs une IA inégale, au timing souvent excellent quand les conditions se gâtent, mais plus aléatoire sur piste sèche avec une tendance à garder trop longtemps les pneus (après 25% d’usure, le mieux est de rentrer : quand les pneus s’effondrent, ils ne font pas semblant). Un problème terrible qui affectait le jeu était le comportement des retardataires sous drapeau bleu … qui faisaient du blocking. Il a fallu deux updates pour que les choses rentrent – enfin – dans l’ordre. Pas de quoi altérer l’intérêt des courses, qui sont vraiment des moments de plaisir avec des choix parfois cornéliens.

 

EN CONCLUSION

Malgré quelques défauts de jeunesse que le temps résoudra, voilà un jeu qui en plus d’être excellent ouvre peut-être la voix à une série au potentiel phénoménal. On peut regretter une IA un peu juste aussi bien en planification qu’en stratégie de course, mais c’est probablement le prix à payer pour un jeu qui cherche à ratisser large (avec des probabilités de succès pas ridicules), auprès des passionnés de sport auto (ceux-là peuvent craquer les yeux fermés), mais pas seulement. En attendant, la communauté comblera les petits manques constatés et cela suffira à votre bonheur. Une note ? Disons 15/20 de base, et un bon gros 16 avec un mod adéquat. Amusez-vous bien !

 

NDLR : cet article est la généreuse contribution de [EVOF1] Emesset. Si vous aussi vous souhaitez rédiger un article sur le simracing (jeu, matériel, …), n’hésitez pas à nous en faire part sur le forum en contactant un administrateur par message privé.

En plus d’avoir une jolie plume, [EVOF1] Emesset réalise d’excellentes vidéos de ses saisons sur Motorsport Manager que vous retrouverez sur le forum de SimRacing-FRance. Pour vous donner un avant-goût, voici l’épisode #1 :

Images tirées du site officiel www.motorsportmanager.com

Auteur Vincent
Publié
Categories SimRacing France
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